18.10.2006
La demande de retraite
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Messieurs les bénéficiaires de la loi 1905,
Cessez un peu de nous parler du régime Nazi et balayez devant votre porte !
Qu’elle soit cérébrale ou matérielle,
la misère est le fondement de la société de l’argent !
(Le malade, l’industrie première.)
GENS QUI RIENT. GENS QUI PLEURENT.
La demande de retraite
Un bilan retraite est une chose. Faire une demande de retraite en est une autre. Il faut s’y prendre six mois à l’avance.
Faut-il effectuer cette demande sur un formulaire précis ?
J’abandonne l’idée de demander par courrier. Quant au téléphone, le 01 40 37 37 37, le répondeur radote, comme une petite vieille, que les lignes sont toujours occupées et qu’il faut rappeler plus tard.
Je choisis d’aller me renseigner sur place.
À la question : « Faut-il un formulaire spécifique ? », la réponse est OUI !
À la question : « Pouvez vous me fournir ce formulaire ? », la réponse est NON !
Pour obtenir ce précieux formulaire, il faut venir consulter un Conseillé Retraite.
On doit se présenter le lundi matin de 8 heures 30 à 10 heures. Nous sommes aussi avertis. Il y aura deux heures d’attente.
Je pense que pour venir chercher un simple formulaire, je n’ai pas besoin de demander un accompagnement. Normalement, je dois être capable de faire la démarche seul. La suite me démontrera que j’avais tort de croire.
Ce matin-là, je prends mon temps.
Puisqu’il y a deux heures d’attente, il est inutile de se presser et de s’énerver tout seul.
Question énervement, j’ai tout mon temps et je serai servi. À la loterie des numéros d’ordre, je gagne le numéro 13. Je ne suis pas spécialement superstitieux mais quand même ! Dans un pareil contexte, j’aurais préféré un autre numéro.
Pour les Conseillés Retraite, c’est au fond, à droite. J’arrive dans une salle d’échange entourée de bureaux. Encore à droite, c’est la salle d’attente. Elle n’est pas très grande, la salle d’attente. Elle est déjà bien pleine.
Il reste un siège de libre, je m’assois. Il n’y a aucune lecture intéressante. Un coup d’œil circulaire, je constate qu’il n’y a pratiquement que des hommes.
Les rares femmes sont des accompagnatrices. Elles ne se sont pas déplacées pour rien. Visiblement les hommes qu’elles accompagnent sont à cran. J’ai l’impression d’être dans une poudrière. Personne ne parle. C’est aussi bien.
Pour ma part, je ne tiendrais jamais assis là pendant deux heures. Ce n’est même pas la peine que j’essaie. J’abandonne provisoirement mon dossier sur la table. J’ai confiance. Je décide d’aller aux toilettes.
Il n’y a pas de toilettes prévues pour le public.
Les clients peuvent prendre leur disposition à l’avance. Se retenir pendant deux heures n’est pas la mer à boire.
Quant à moi, je suis déjà venu. Je connais la maison. Je fais abstraction de l'inscription « zone privée » et je vais aux toilettes comme si j’étais chez moi.
À vrai dire, je n’ai pas vraiment envie. C’était histoire de passer cinq minutes. D’ailleurs dans ce domaine, ce qui est fait n’est plus à faire. Ne dit-on pas aussi qu’il vaut mieux y aller avant d’avoir envie que de ne pas pouvoir quand on en a besoin ?
Une de mes relations de travail d’une lointaine époque disait que : « Pisser un bon coup quand on en a bien envie, cela fait tellement de bien que cela devrait être interdit aux pauvres ».
Ce grand philosophe illustrement ignoré a fait des émules. À la Caisse de Retraite on se dirige tout droit vers les mêmes bons principes que ceux déjà mis en oeuvre à la Ville de Paris. La Ville de Paris a supprimé les Vespasiennes gratuites : « Si t’as pas d’argent, tu pisses pas ! »
Je reviens dans la salle d’échange pour constater, qu’en mon absence, un nouvel arrivant s’est installé à ma place. Mon intention étant de rester debout, j’ai donc une bonne excuse.
« Une bonne excuse pour rester debout ! »
Voilà que je suis traversé par un vilain pressentiment. Je part faire un tour dans le hall d’entrée.
Je suis déçu. J’avais garder le souvenir de beaucoup de gens qui allaient et venaient au pied de l’ascenseur. J’espérais savoir si tout ce beau monde avait passé un bon week-end, être renseigné sur les programmes de la télé, plus si affinité.
L’immense hall reste désespérément désert. Il est vrai que l’on est lundi et qu’il n’est pas encore 10 heures. Ceci explique peut-être cela.
Je reviens donc dans la salle d’échange. J’assiste à la première altercation de la journée. L’altercation met en cause les deux Conseillères Retraite. C’est à propos de la photocopieuse. Eh oui ! Il y a deux femmes et il n’y a qu’une seule photocopieuse ! C’est un problème.
De plus, vu le nombre de personnes qui attendent, ce n’est pas le moment de glander, ni de papoter autour de l’appareil. Surtout qu’il y a quelqu’un qui regarde.
Un coup d’œil rapide me confirme que ces deux mal-baisées en sont bien. Et, il ne faut pas qu’elles espèrent quant à mes services.
Il arrive encore du monde.
Celui-ci jette un coup d’œil sur les numéros d’ordre. Il regarde vers la salle d’attente. Cela ne lui convient pas. Il doit être claustrophobe. On l’appellera comme ça. Il repart dans le hall d’entrée. Les fauteuils y sont confortables et, il a toutes facilités pour réviser son dossier retraite avant l’examen.
Justement, à propos d'examen.
Une des Conseillères ne doit pas vivre tranquille. Elle reçoit les clients la porte ouverte. Cela fait penser à un commissariat de police lorsque l’on auditionne certaines catégories de personnes. Bref ! On entend tout.
Son discours est raz les pâquerettes. C’est affligeant. Elle aussi, les clients l’emmerdent. Ce qui l’intéresse, c’est qu’ils dégagent au plus vite.
La conseillère ne perd pas son temps ni à chercher, ni à expliquer. Les clients n’ont jamais assez travaillé, n’ont jamais assez cotisé et basta.
Ce que l’on peut entendre de la bouche de cette personne au contact de la clientèle, donne un certain aperçu de l’esprit de la maison. Cela explique beaucoup de choses. Bref : « Un bon retraité du secteur privé est un retraité mort ».
Si je préfère passer sous silence les propos désobligeants de cette Conseillère, ce n’est pas seulement parce je suis censé ne pas les avoir entendu.
Encore quelques allés et retours dans le hall d’entrée. Mon tour approche. Je m’installe définitivement debout près de la salle d’attente, le dos appuyé au mur.
Toujours cette vilaine intuition qui me poursuit : « Une bonne excuse pour rester debout ! » J’adopte une attitude détachée de quelqu’un qui a la tête ailleurs. Il paraît que ce serait mon naturel ordinaire. Ce jour-là, mon naturel ordinaire m’abandonné.
Tout à coup, c’est l’explosion.
Comme une furie, une Conseillère sort de son bureau. Elle m’intime l’ordre de rentrer dans la salle d’attente et de m’asseoir.
Cela devait faire un bon bout de temps qu’elle ressassait son intervention. Elle n’a pas choisi le bon moment. Le claustrophobe est revenu dans la salle d’échanges et lui aussi, il est debout. Nous sommes deux !
Notre Conseillère ne se démonte pas. C’est une organisatrice, notre Conseillère, vous savez ! Elle dit au claustrophobe que ce qu’il vient d’entendre ne le concerne pas. Lui, il peut rester debout. Quant à moi, je dois rentrer dans la salle d’attente et m’asseoir.
À la Caisse de Retraite, rester debout à attendre pendant des heures est un rare privilège que l’on accorde pas à tout le monde. Je ne fais pas partie des privilégiés. Le claustrophobe n’a rien compris à cette histoire de dingue. Il ne cherche pas non plus à comprendre. Encore un regard sur les numéros d’ordre et il repart dans son hall d’entrée.
Pour ma part, je ne vais pas aller consulter un médecin, réclamer un certificat médical pour justifier de la station assise pénible. Alors que par ailleurs, je bénéficie déjà de la station debout pénible. Il faut être logique. Ou on ne s’en sort plus.
J’ai réalisé l’union sacrée. J’ai maintenant les deux Conseillères sur le dos.
À croire que la seule chose qui passionne vraiment ces deux mal-baisées, c’est d’emmerder les clients et de les provoquer.
Elles donnent l’impression de deux auxiliaires de la Croix Rouge chargées de contingenter des populations en détresses avant de distribuer à chacun un sac de cinq cents grammes de riz, deux bouteilles d’eau potable et un coup de pied au cul pour patienter jusqu’à la semaine prochaine.
Ont-elles peur que, par le désordre que j’occasionne en restant debout, certains en profitent pour revenir plusieurs fois à la ration de riz ?
D’ailleurs, nous ne sommes pas là pour obtenir une ration de riz, mais un formulaire de demande de retraite. Si certains partent avec plusieurs formulaires, ce ne doit pas représenter un crime. Nous ne sommes pas dans un contexte déclaré état de catastrophe majeure ?
Maintenant les deux conseillères menacent.
Si je n’obtempère pas à leur injonction, elles refuseront de me recevoir. Elles ne m’auraient pas dit cela il y a seulement un quart d’heure, aucun siège n’était disponible.
Bref ! Je suis pas inquiet. J’ai fait le tour du problème. Dans la mesure où je ne craque pas, que je ne réagis pas aux provocations et que je n’écrase pas la tête de l’une de ces deux poufiasses, tout doit très bien se passer.
Justement, c’est maintenant mon tour.
Bien entendu, aucune de ces deux auxiliaires de Croix Rouge accepte de me recevoir. Sont-elles des bénévoles ? Ça bouge un peu dans la salle d’attente.
Le travail à la Caisse de Retraite, c’est génial ! Tu travailles si tu veux, dans les conditions que tu choisis. Si tu veux pas, t’es payé quand même.
Il y a un troisième Conseiller.
Ce Conseiller accepte de me recevoir, puisque c’est mon tour. Je l’avais repéré depuis longtemps, celui-là. Il a le genre d’une personne qui, par principe, se doit d’être arrangeant, tout au moins par devant. Par derrière, je n’en mettrais pas ma tête à couper. Mais par devant, je passe.
Effectivement il me reçoit sans problème. Les choses se passent bien. Entre deux questions sur mon dossier, il me demande ce qui s’est passé dans la salle voisine. Il me comprend.
Le Conseiller remplit le formulaire de demande de retraite.
Cela semble simple quand on fait cela par routine et que l’on n’a qu’à recopier les informations qui s’affichent sur l’écran de l’ordinateur.
Inversement, quant à moi qui n’a à remplir ce formulaire qu’une seule fois dans mon existence, il est certain que cela m’aurait demandé beaucoup plus de temps. Il est aussi possible que j’aurais dû recommencer plusieurs fois.
Ce lundi 09 octobre, en patientant deux heures, j’ai sans doute gagné du temps.
Ce qui est certain en revanche, c’est que même bien disposées, aucune des deux mal-baisées aurait effectué ce travail. Travail qui nécessite une certaine compétence. (Recopier les informations affichées sur l’écran de l’ordinateur.)
J’ai gardé en mémoire que, rue de Flandre, nous avions été accueillis par une affichette : « Toute agression, même verbale, fera l’objet d’une plainte immédiate au commissariat ».
Je ne me souviens plus bien ! C’était à qui de porter plainte ? Au personnel de la Caisse de Retraite ou au client ?
Fin de la deuxième partie.
12:02 Publié dans CNAV, CNAM, Administration, Société | Lien permanent | Commentaires (1) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : europe, société, science, justice, injustice, politique, finance, religion, curés, manipulation, pouvoir



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Commentaires
Dès l’instant où l’on a parlé de construire l’Europe, on pouvait observer que les plus acharnés à « construire l’Europe » étaient les plus incompétents en tous domaines. On aurait dû se méfier.
ÉCHO-EUROPE (L'EURO-INJUSTICE)
Anéantir toute forme de responsabilité que le pouvoir ne peut contrôler.
http://mondehypocrite.midiblogs.com/archive/2009/06/22/l-europe.htmlhttp://echo-europe.over-blog.com/
Ecrit par : Bernard Monnier | 24.06.2008
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